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L’Inattingible

new record by delphine_dora “L’Inattingible” is an extremely magical sound world, highly recommend if you need something inspiring right now

https://twitter.com/julia_holter

French composer Delphine Dora first crossed my radar when she collaborated with personal favourite Mocke Dépret on the gentle, gossamer 2017 album ‘Le Corps défendant’. She now presents the intricate, densely detailed ‘L’inattingible’ on Three:Four Records which continues the sonic journeys first embarked upon by great Gallic avant-folkies like Brigitte Fontaine and Emmanuelle Parrenin but possesses its own oneiric yet unsettled aura. A cursory G**gl* search suggests that the title translates as ‘the intangible’ – while the music might not present as easy to grasp at first, there is something delightfully difficult to put your finger on about its magic. A wide variety of guests include Fonal Records artist Lau Nau, Sylvia Hallett and Aby Vulliamy from The One Ensemble of Daniel Padden. Here are the bookends by way of introduction…

https://newsfromneptunemusic.wordpress.com

Trop d’amis (dont Sylvia Hallett, Le fruit vert, Lau Nau) pour tous les nommer, trop d’instruments pour tous les énumérer colorent cette épopée fantomatique signée Delphine Dora. Cordes, vents, synthétiseurs analogiques, sons électroniques, accordéon, bruits divers : c’est un véritable orchestre là-dedans. Mais tout en retenue. La Française invoque avec ce disque en français une spiritualité éthérée ancrée dans les éléments, prenant son essence dans un passé païen et gothique. Demi-incantations, les mots de Dora sont faits d’une poésie du mystère et de l’émerveillement. Les courtes pièces de L’inattingible (déjà, ce titre, c’est beau, non ?) sont une illusion psychédélique collectivement assemblée sous la commande d’un cerveau rêveur. La beauté du geste collectif, c’est qu’il tisse un enchevêtrement anonyme. À qui appartient cette voix, cette note, ce râle ? Qu’importe.

https://www.ledevoir.com/culture/musique/

A beautiful lullaby-esque soundscape, this. The soothing French vocals a paper boat floating out on a lilting tide of gentle disquiet, instrumentals that subtly blur boundaries. Something that’s especially true of “L’inexploré”’s panoramas, with an avant classical verve where the fragments of narration ease you elsewheres.
Dora’s invited lots of like-minded musicians to help her sculpt this recording, including Pefkin’s Gayle Brogan and Fonal’s Laura Naukkkarinen (Lau Nau) amongst others, an array of talent fleshing out Dora’s unique piano/vocal work with plenty of extra colour. Aeolian chimes, stones, bicycle wheels and musical saws, as well as a tirade of chorusing extras that calligraphically dine, slip psychedelically into your ear.

L’inattingible is an inspired piece of work that’s attentively observed, its shapes left to mirage, elusively flutter as they unearth buried sensations from the sediment. A shadowy blush here and there, spinning sweet sinistrals, conspiring sonorities that grasp you with their strange dialogue, tonal tensions stalked by chalk-faced Nosferatu(s) and turbulent tarantulas. Dora’s spoken/sung words often feel like autumn leaves spiralling on up-swirls of broken chord and stretchy discordia.

Everything breathes this warm spatial awareness, “Dans La Torpeur Du Lacunaire”’s theremin kites and butterflying piano flowing outside their containment, visually filling your mind with suggestive atmospheres. “Kynance Cove”’s labyrinthine caves vividly re-animated in “Lumiere Aveugle IV”’s dripping precipitation and chipping pebbles as Dora’s whispering intertwines this wavering varicose of voila, slowly succumbing to an eerie unison of otherness. A sweet delirium that holds you captive, captivated, cuts through all this February greyness with its felt-like warmth.

http://freq.org.uk

 

“Comment décrire ce qui ne nous est jamais apparu ?”

Il est des disques – L’inattingible est sorti l’hiver dernier, une éternité – qui mettent du temps à se révéler, auxquels on s’accroche sans trop savoir pourquoi, puis qui tombent comme une évidence quand on pense à nos satanés bilans de l’année. Il est des disques qui ne se présentent pas avec le mode d’emploi, qui ne sont pas là pour vous prendre par la main. Ou plutôt si, pour vous amener en pleine forêt et vous y abandonner, comme un Petit Poucet, privé de cailloux et d’encyclopédie du rock. L’inattingible est de ceux-là, et si comme moi, votre vocabulaire est légèrement allergique aux termes à la mode, genre sorcière, il va falloir creuser un peu pour décrire ce qui vous met en joie en cette fin d’année magnifique par la densité en propositions musicales d’ici hors du commun. Delphine Dora, comme de nombreux compatriotes, a fait ses armes à travers une multitude de projets sur un nombre important de micro labels, a créé le sien propre (Wild Silence), multipliant sorties et collaborations (avec Mocke, par exemple il y a trois ans) comme on mène ses études, comme un compagnonnage, au point de devenir une figure de cet underground français et d’apparaître déjà dans la somme que lui a consacré le pointu Philippe Robert (les fameux volumes sous pavillon Agitation Frite, parus chez Lenka Lente). Delphine Dora s’est, dans ces premiers temps, principalement exprimée dans une langue “imaginaire” (avec des titres anglais quand même), avant de se jeter dans l’eau du lac, avec sa langue comme bouée. Et comme pour beaucoup, ce fut l’idée du siècle, puisque quel langage est le plus fidèle quand il s’agit d’exprimer son expérience, ici et maintenant : le sien natal évidemment. Cela permet de faire un pas de côté d’éventuelles idoles – statues qui condamnent souvent à l’ombre – voire d’embrasser enfin son propre langage à la fois corporel, vocal, spirituel, comme on veut.

Delphine Dora

Et la musicienne de débouler en ce début d’année 2020 avec un objet incroyable, abouti, puissant, déroutant : car son langage, loin de se limiter à ses mots – et j’en suis plutôt convaincu, il ne suffit pas de chanter en français pour être intéressant, mais c’est sans doute un mal nécessaire – habite une musique qui ne se contente pas d’épouser des formes convenues mais semblent les inventer au fur et à mesure de ce BESOIN de faire de la musique, d’une urgence qui éclate au grand jour. Alors c’est clair, le risque est de passer pour une marginale, une étrangère, une fraude. Ou une sorcière justement. Un terme déplaisant qui cacherait la forêt de l’arbre, la musicienne de la sympathique escroc. Impossible de se tromper ici, tant ce disque regorge d’une sève musicale, inattendue, passionnée, puisant on ne sait où – le répertoire médiéval ? les régions folkloriques ? la quatrième dimension ? les rêves ? – l’élixir de sa brillance. Sa pochette, plateau crypté pour rôlistes détectives, n’est que le premier indice d’un jeu de pistes fascinant pour peu qu’on se délaisse de certaines certitudes (couplet-refrain). Chant psalmodié, figures hypnotiques, constructions courtes et déséquilibrées, bruits organiques, enregistrements du dehors, blues du dedans, cordes frottées, les vingt-et-un points (presque une heure de rêveries) de ce disque composent une tapisserie, genre la Dame à la Licorne, mais qui croiserait le fer avec un monochrome de Soulages : on ne va pas se le cacher, l’heure est au recueillement, à l’heure sombre, mais sous ce vernis glacé bougent des vaguelettes de sons qui ne perdent ni en énergie ni en mouvement. On tombe complètement sous le charme, prêt à l’abandon de cette musique collective – et pourtant si solitaire – dirigée par une chanteuse insaisissable qui semble sortie tout droit d’un ailleurs attirant pour s’installer durablement dans notre paysage musical, entouré déjà d’exégètes dévoués (on pense évidemment à l’enthousiasme de Pacôme Thiellement pour cette musique qui lui correspond tellement – l’écrivain et la musicienne ont d’ailleurs depuis scellé un pacte d’amitié pour créer une pièce montée d’une trentaine de minutes, intitulée Confinés depuis la nuit des temps), on l’espère pour longtemps. Une belle idée d’album pour ouvrir les années 2020 en fanfare, autrement plus excitante que les innombrables marches funèbres attendues.

 
https://section-26.fr/delphine-dora-linattingible-threefour/

Late night shift w/ Julia Holter

Yesterday evening, Julia Holter hosted the Late Night Shift show on Belgian classical national radio Klara, playing a selection of music ranging from avant-garde pop, classical choir music, Italian folk, lofi r&b and more. The show exclusively features an extract from her live performance at the Meakusma Festival 2019. Holter also selects a song by Delphine Dora who will release an album through Meakusma and three:four records in the near future.
Late Night Shift can be listened to for a month on the Klara website or through their app.